VITA SECUNDA 49

CHAPITRE 20

D’UN FRÈRE TENTÉ QUI VOULAIT AVOIR UN TEXTE ÉCRIT DE LA MAIN DU SAINT.

  1. Durant une période de réclusion que s’était imposée saint François, au sommet de l’Alverne, un de ses compagnons[1] désirait beaucoup avoir quelques paroles consolantes des Livres Saints, transcrites de la main du Père, car il était alors en proie à une grave tentation non de la chair mais de l’esprit, et il croyait en être délivré par ce moyen, ou du moins la supporter plus aisément. Morose et cultivant ce désir, il n’osait pourtant pas s’en ouvrir au Père ; mais ce que l’homme ne confia pas, l’Esprit de Dieu le révéla.

Le bienheureux l’appela un jour, en effet, pour lui dire « Apporte-moi du parchemin et de l’encre. Je veux écrire les paroles de Dieu et ses louanges que j’ai méditées en mon coeur. » On lui fournit aussitôt ce qu’il avait demandé, puis il écrivit de sa propre main les Laudes du Seigneur et quelques versets choisis ; il termina par une bénédiction pour le frère et lui dit : « Prends ce morceau de parchemin et conserve-le soigneusement jusqu’au jour de ta mort. » Au même instant la tentation disparut. Le document fut conservé et dans la suite opéra des miracles.

Tables des chapitres

 

[1] Frère Léon, qui signale lui-même le fait dans une annotation du parchemin dont il est question plus bas et dont l’original est encore conservé au « Sacro Convento » d’Assise. Texte dans les Opuscules. Il fut écrit fin septembre 1224, très peu de temps après la stigmatisation.

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