Présentation de la conférence du 25 janvier 2019

 Et si le lépreux n’avait pas disparu ? Esquisse d’une théologie de la « mystérieuse sagesse » des plus pauvres, avec Frédéric-Marie Le Méhauté:

La rencontre avec les lépreux tient une place centrale dans l’itinéraire spirituel de François d’Assise. C’est le seul évènement qu’il reprend dans son Testament pour parler de sa conversion. Pourtant, les biographies ultérieures laissent un goût amer : François embrasse le lépreux… et le lépreux disparaît. La critique sociologique moderne trouve dans cet épisode le paradigme d’une charité chrétienne qui finalement refuse aux pauvres le statut de sujet.

La recherche théologique qui sera présentée dans ce séminaire prend résolument un autre chemin : et si le lépreux n’avait pas disparu et si, au lieu de lui faire la charité, nous avions écouté ce qu’il avait à nous dire ? Elle s’appuie sur l’expérience du Père Joseph Wresinski, sur la pratique d’années de compagnonnage avec des Chrétiens du Quart Monde pour tenter d’écouter le Dieu qui se dévoile dans la parole des personnes en précarité. Quand nous les autorisons à parler de spiritualité, de leur espérance, de leur vision de Dieu, les plus pauvres n’utilisent pas les mots habituels de la théologie. Ils nous obligent à nous détourner des autoroutes de la pensée théologique pour emprunter des détours parfois étonnants, mais qui souvent renouvellent notre compréhension du mystère et le rendent présent.

Dans Evangelii Gaudium, le Pape François écrit : « En plus de participer au sensus fidei, par leurs propres souffrances ils connaissent le Christ souffrant. Il est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par eux. La nouvelle évangélisation est une invitation à reconnaître la force salvifique de leurs existences, et à les mettre au centre du cheminement de l’Église. Nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux » ( §198).

La recherche présentée a pour ambition de prendre au sérieux cette mystérieuse sagesse et explore ses implications pour la théologie contemporaine.

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