Faire famille franciscaine XVe-XXe

Ce cours se propose d’étudier sur la longue durée le mouvement franciscain en tant que « famille religieuse » c’est-à-dire en considérant ses différents « acteurs » – frères des trois branches du premier ordre, moniales, religieux et religieuses du troisième ordre, tertiaires séculiers – dans les liens et les réseaux qui les réunissent. Complémentarité et « réciprocité vitale » entre les diverses composantes de la famille, mais aussi rivalités, conflits et relations de pouvoir, nous veillerons à n’oublier ni les premières, ni ces derniers. Nous considérerons d’abord ces relations familiales au sein d’une province de l’Observance franciscaine, la « France parisienne », une province née de la scission de 1517, couvrant presque la moitié nord de la France et composée de couvents masculins (cordeliers), mais aussi, majoritairement, de communautés féminines (clarisses, annonciades, sœurs grises). Puis nous examinerons comment l’arrivée des capucins (1574) a introduit une manière « moderne » de concevoir et de « pratiquer » la famille franciscaine. Enfin, dans une dernière étape,  nous envisagerons en quoi la coupure révolutionnaire a (ou n’a pas) modifié cette vie de famille, en particulier dans les relations entre religieux et religieuses ; et nous nous arrêterons sur le Tiers-Ordre qui, au terme d’un long processus – marqué par la session de la Champfortière en 1968 –, est passé de la dépendance à l’égard du premier ordre à l’autonomie d’un « ordre franciscain séculier ».
 
Bibliographie :
 
– L. Iriarte, Historia Franciscana, Valencia, 1979. Traduction française sous le titre Histoire du Franciscanisme, Paris, Le Cerf-Éditions franciscaines, 2004.
– B. Dompnier, Enquête au pays des frères des anges. Les capucins de la province de Lyon aux XVIIe et XVIIIe siècles, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 1993.
Sainte Claire et sa postérité, G. Brunel-Lobrichon, D. Dinet, J. Gréal et D. Vorreux (dir.), Nantes, 1995.
– P. Moracchini, « Au cœur d’une province franciscaine. Les cordeliers, clarisses, sœurs grises et annonciades de France parisienne (XVIIe siècle) », Revue Mabillon, nouvelle série, t. 12 (= t. 73), 2001, p. 205-242.
– P. Moracchini, « La pratique de la lettre d’obédience dans la famille franciscaine à l’époque moderne, à la lumière de l’itinéraire de sœur Charlotte Dupuis (ca. 1602-1678), fondatrice du monastère des annonciades de Meulan », dans Les personnes d’autorité en milieu régulier, des origines de la vie régulière au XVIIIe siècle, J.-Fr. Cottier, D.-O. et B.-M. Tock (dir.), Saint-Étienne, Publications de l’université de Saint-Étienne, 2012, p. 187-199.
Les Récollets. En quête d’une identité franciscaine, actes du colloque de la Maison de l’architecture (juin 2012), s.d. Caroline Galland, Fabien Guilloux et Pierre Moracchini, Tours, P.U.F.R., 2014.